Impôts à Dubaï : faut-il en payer si on gagne de l’argent ?

Au cœur du Golfe, là où les gratte-ciel tutoient le désert, l’impôt sur le revenu n’existe pas pour les particuliers. Pourtant, la résidence fiscale à Dubaï ne relève pas du simple coup de tampon sur un passeport : elle répond à des critères précis, surveillés de près par les autorités locales et parfois, par celles du pays d’origine. La France, par exemple, n’hésite pas à réclamer sa part, même à des milliers de kilomètres, en invoquant la notion de domicile fiscal.

Les accords bilatéraux entre États, censés protéger de la double imposition, imposent leurs propres règles, parfois complexes. L’absence d’impôt sur le revenu à Dubaï ne signifie donc pas que toutes les portes sont ouvertes : les obligations fiscales envers le pays d’origine peuvent persister, encadrées par une réglementation rigoureuse.

Comprendre la fiscalité à Dubaï : mythe ou réalité de l’absence d’impôt ?

La fiscalité à Dubaï intrigue, suscite des convoitises et alimente volontiers les discussions. Ici, l’impôt sur le revenu des particuliers ne fait tout simplement pas partie du paysage. Les résidents, qu’ils soient citoyens émiratis ou expatriés fraîchement arrivés, voient leurs salaires et revenus personnels épargnés par l’administration fiscale locale. Cette singularité alimente la réputation d’eldorado fiscal des Émirats arabes unis, propulsant Dubaï au premier plan des stratégies des investisseurs et entrepreneurs venus du monde entier.

Mais la réalité n’a rien d’un absolu. Depuis 2018, une TVA de 5 % s’applique sur la majorité des biens et services, marquant un tournant dans la politique fiscale locale. Ce mouvement vers davantage de transparence s’inscrit dans la dynamique mondiale de lutte contre l’évasion fiscale. Côté entreprises, le paysage change aussi : depuis juin 2023, un taux d’imposition de 9 % s’applique sur les bénéfices excédant 375 000 AED, sauf exceptions prévues pour les sociétés des zones franches qui respectent leurs obligations.

La fiscalité à Dubaï reste donc légère, mais en pleine mutation. Les Émirats arabes unis se distinguent toujours par un régime fiscal attractif, mais les règles évoluent. L’expression « dubai impôt » ou « dubai système fiscal » ne rime plus systématiquement avec zéro prélèvement. Aujourd’hui, chaque expatrié ou investisseur doit étudier sa situation à la loupe, car le modèle fiscal émirati s’adapte, et vite.

Faut-il payer des impôts si l’on gagne de l’argent à Dubaï ?

Être résident fiscal à Dubaï, c’est le rêve affiché de nombre d’expatriés. Ici, les revenus personnels ne sont pas taxés : pas de déclaration annuelle, pas de prélèvement à la source. Mais pour les Français, l’équation se complique. Partir de France ne suffit pas à s’affranchir de l’impôt hexagonal. Ce qui compte, c’est le centre de vos intérêts économiques et familiaux. La France, avec ses critères stricts et ses conventions fiscales, dont la convention France-Émirats arabes unis, encadre de près la question de la double résidence.

Pour bien comprendre les règles du jeu, voici les points clés à retenir :

  • Pour être reconnu comme résident fiscal à Dubaï, il faut y séjourner au moins 183 jours par an et pouvoir justifier que la majorité de ses intérêts économiques y sont établis.
  • Un expatrié français qui conserve des attaches solides avec la France, famille, biens, source principale de revenus, risque fort de rester sous le regard de l’administration fiscale française, même s’il vit officiellement à Dubaï.

L’exit tax peut s’inviter lorsque l’on quitte la France en laissant derrière soi un patrimoine significatif. Dubaï attire avec ses avantages fiscaux, mais ici, rien n’est automatique : l’expatriation doit être effective et durable, pas un simple montage de façade. Les résidents fiscaux de Dubaï profitent d’un cadre fiscal local favorable, mais les contrôles français sont bien réels, surtout pour ceux au profil fortuné. À Dubaï, l’absence d’impôt sur le revenu n’efface ni les exigences de conformité, ni les vérifications sur la cohérence de votre situation globale.

Ce qu’il faut savoir sur la TVA, les taxes locales et les obligations à respecter

L’absence d’impôt sur le revenu à Dubaï cache une fiscalité plus structurée qu’il n’y paraît. Depuis 2018, la TVA à 5 % s’invite dans le quotidien. Elle s’applique à la plupart des achats, même si certains secteurs comme la santé ou l’éducation en sont exemptés. Les entreprises doivent s’enregistrer dès lors que leur chiffre d’affaires annuel franchit 375 000 AED.

Les particuliers et les investisseurs croisent aussi d’autres taxes locales. Voici un aperçu concret des principaux prélèvements à anticiper :

  • La taxe de séjour, baptisée « Tourism Dirham », s’ajoute à chaque nuit passée à l’hôtel.
  • Dans certains Émirats, une taxe d’habitation s’applique sur les logements en location, calculée en pourcentage du loyer annuel.
  • Les transactions immobilières donnent lieu à des frais de transfert généralement fixés à 4 % du prix d’achat, à régler lors de l’enregistrement au Dubai Land Department.

Pour les entreprises, la nature de l’implantation, zone franche ou mainland, détermine l’imposition. Les sociétés en freezone bénéficient d’exonérations, dans des conditions précises, tandis que la législation fédérale prévoit désormais une taxation de 9 % sur les bénéfices dépassant 375 000 AED, à quelques exceptions près. Toute activité suppose d’obtenir une licence commerciale et de respecter les obligations de déclaration auprès de la Federal Tax Authority, sous peine de sanctions.

Face à la multiplication des règles, la vigilance s’impose. La conformité ne s’arrête plus à l’absence d’impôt sur le revenu : il faut désormais maîtriser une fiscalité indirecte, mouvante et encadrée.

Jeune femme marchant dans un quartier d

Conseils pratiques pour expatriés : bien gérer sa situation fiscale et rester informé

S’installer à Dubaï séduit par la perspective d’une fiscalité douce, notamment pour les Français. Mais le système local, transparent sur bien des aspects, ne dispense pas d’une gestion rigoureuse. Avant le départ, il est indispensable de clarifier son statut fiscal auprès de l’administration française. Le risque : rester considéré comme résident fiscal français, donc continuer à payer l’impôt en France, même après avoir posé ses valises à Dubaï.

Pour gérer au mieux sa situation, mieux vaut s’entourer de professionnels. Un avocat fiscaliste ou un conseiller spécialisé pourra éclairer les subtilités de la convention fiscale entre la France et les Émirats arabes unis. Le centre d’intérêts économiques, notion clé, sera scruté par l’administration française.

Voici quelques réflexes à adopter pour sécuriser son expatriation :

  • Conservez toutes les preuves de votre présence à Dubaï : contrat de location, compte bancaire ouvert sur place, factures, inscription auprès de la Federal Tax Authority.
  • Veillez à renouveler sans délai votre licence professionnelle ou green visa afin de préserver votre statut légal.
  • Pensez à déclarer tout changement de situation à l’administration française et sollicitez un certificat de résidence à Dubaï.

Rester à jour sur les évolutions législatives est impératif. La fiscalité à Dubaï évolue vite, notamment sur l’impôt sur les sociétés ou la TVA. Les expatriés les plus prévoyants consultent régulièrement la Federal Tax Authority et les sites officiels pour éviter toute mauvaise surprise. À Dubaï, profiter du régime fiscal suppose de jouer la transparence et la régularité, pour que l’expérience ne se transforme jamais en parcours semé d’embûches.

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